Des phrases dans l’espace

Hugo Bruttin

Marco Di Piazza est né Rome et a grandi dans une famille artistique. Il peut être considéré comme un sculpteur intéressant, voire  passionnant et intrigant quant au fond ainsi qu’à la forme. Il a étudié l’art et l’architecture  à Florence. Il est allé s’installer à San Gimignano où il a d’abord restauré une chapelle médiévale avant de gérer pendant quelque quinze ans une galerie juxtaposée à son atelier pour y élaborer sa notoriété internationale. Il y exposait initialement des dessins et des sculptures en bronze, en pierre et en terre cuite et pouvait se glorifier bien des fois d’ordres importants  que lui confiaient des visiteurs attentifs et intéressés.

Un de ces ordres importants était une sculpture monumentale, une fontaine, sculptée dans trois blocs de travertin, qui pèse douze tonnes dans sa forme actuelle et qui a été inspirée par une céramique bien plus petite intitulée ‘Spring and Stream’ qui se trouvait dans la galerie  et qui, en 1994, a attiré l’attention de monsieur Pierre Crooy, Director Global Corporate Communications de GlaxoSmithKline. La sculpture impressionnante qui est une reproduction agrandie d’une esquisse datant de 1988, trône maintenant dans le foyer de l’établissement pharmaceutique situé à Rixensart, près de Bruxelles. Elle porte le titre de ‘Passage’ et représenté deux groupes de personnes se situant l’un au-dessus de l’autre et dont le profil et le visage sont représentés de manière plutôt abstraite, ce qui leur confère un caractère universel dépassant et éliminant toute apparence d’anecdote. L’eau s’écoule du milieu du grand groupe vertical et ruisselle dans une vasque formée et entourée par le deuxième groupe de figures. La sculpture symbolise notamment la solidarité entre un groupe de gens qui collaborent pour arriver à un but proposé.

Toutes les sculptures de Marco Di Piazza ne sont de loin pas aussi compactes que sa fontaine de Rixensart. Après avoir travaillé la pierre et avoir créé des bronzes durant des années, il consacre actuellement la plus belle part de son attention à des sculptures en fer et en acier inoxydable. Elles frappent par leur caractère capricieux et leur rythmique étonnante. Elles écrivent dans l’air des phrases ludiques de métal étincelant. Elles traduisent le langage gestuel de ses dessins et suggèrent aussi bien des figures humaines qu’elles incarnent une floraison enthousiaste, une conquête particulière de l’espace traduite par une rythmique devenue tangible, par la danse et des rencontres éthérées. Elles décrivent le langage formel fantaisiste d’un esprit créateur à qui ont été confiés bien des ordres dans des places publiques en Italie, en Allemagne et même au Japon.

En 2003 il s’installe à Bonn et retourne régulièrement dans son atelier à San Gimignano où il retrouve le repos et l’inspiration pour créer des œuvres en fer et en acier alors qu’il se consacre principalement au dessin durant son séjour en Allemagne. La Galerie Bon Art à Cologne défend ses intérêts.

Une sélection importante de ses œuvres surprenantes, qui animera sans aucun doute l’imagination des spectateurs, sera exposée au cours du 21me Sculpture Link 2014 (17 juin-17 août) qui part de la Digue de Knokke, longe le Casino et l’Hôtel La Réserve  pour aboutir au parc du CC Scharpoord après avoir embelli les rives du Lac de la Victoire.